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Semaine 02
02
Pour ou contre la légalisation de la marijuana?
Diffusion : 9 octobre 2013
Animateur : Anne-Marie Kirouac
Écouter l'émission en MP3
POUR : Les Faucons Pour ou contre la légalisation de la marijuana? CONTRE : MP et Chloé

 
Membres du jury pour cette semaine :
  • Luis-Gaylor Nobre, trésorier du Conseil d’administration de Force Jeunesse et président du Conseil exécutif du Jeune Conseil de Montréal.
  • Me Patrick Zakaria, Services Juridiques Mon Avok
  • Jacob Amon Suissa, Professeur à l'École de travail social de l'UQAM

Invité expert :
  • Didier Jutras-Aswad, Médecin psychiatre au CHUM. Professeur adjoint de clinique, Département de psychiatrie, Université de Montréal.

L'équipe gagnante!

Les Faucons (Pour)  MP et Chloé (Contre)
Juges 60/75 48/75
Public 6,92/25 18,08/25
TOTAL 66,92 % 66,08 %

C'est l'équipe Les Faucons (Pour) qui remporte ce deuxième débat, avec un résultat de 66,92%, contre 66,08% pour l'équipe MP et Cloé (Contre)!

Toutes nos félicitations aux deux équipes. La lutte a été chaude!  Merci à toutes les personnes qui ont pris le temps de voter!

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Mise en contexte

Qu’est-ce que légaliser une substance illicite pour le Canada? À titre de référence, citons le projet de loi C-17 du Parlement du Canada du 5 novembre 2004 (Loi modifiant la loi sur les contraventions et la loi règlementant certaines drogues et autres substances) qui définit la légalisation comme étant « un système de règlementation permettant la culture, production, fabrication, commercialisation, vente et usage de substances ». Ce projet de loi proposait de réformer la règlementation et actualiser les lois sur le cannabis. À ce jour au Canada, il n’existe aucun système de ce genre pour les drogues illicites.

Le Code criminel codifie à l’article 462.1 ce qu’est une « drogue illicite » comme suit: une substance désignée ou précurseur dont l’importation, l’exportation, la production, la vente ou la possession est interdite ou restreinte en vertu de la Loi règlementant certaines drogues et autres substances. Le cannabis en fait partie.

Par ailleurs, la décriminalisation consiste plutôt à retirer un comportement de la justice criminelle.  D’autres lois pourront alors réglementer l’infraction mais elle n’est plus « criminelle ».

Recommandation du Sénat canadien

Le 4 septembre 2002, le Comité spécial du Sénat sur les drogues illicites recommande, dans un rapport publié, la légalisation de la marijuana. Dans ce rapport, on suggérait notamment de légiférer sur la distribution et la production de cette substance psychotrope. Tout résident canadien aurait alors le droit de demander un permis de distribution à l’État à condition de s’engager de ne pas vendre à des individus de moins de 16 ans et de restreindre ladite vente aux résidents canadiens. Aussi, le Sénat suggérait de plafonner le taux de THC (tétrahydrocannabinol) à 13% pour s‘assurer de la production qui en découlerait. Tout était en place pour qu’une révolution de la prohibition du cannabis voit le jour; le débat est cependant restée lettre morte depuis.

Quelques statistiques sur la consommation

Pour sa part, Santé Canada rend public annuellement les résultats des Enquêtes de surveillance canadienne de la consommation d’alcool et de drogues (ESCCAD). Des principales constatations de l’enquête de 2011, il en ressort une décroissance de la consommation du cannabis, passant de 10,7% en 2010 à 9,1% en 2011 chez les canadiens de 15 ans et plus. Au surplus, depuis 2004, les hommes auraient diminué leur consommation de cannabis de 6%, les femmes de 4% alors que les jeunes entre 15 et 24 ans de 15,4%. Ces chiffres peuvent sembler satisfaisants pour certains, alors que d’autres se butent toujours à contrer cette substance psychotrope sur un contexte de libre-marché.

La marijuana au plan international

La marijuana n’occupe pas la même importance dans tous les pays. Aux Pays-Bas, par exemple, son usage et sa revente sont règlementés sans être légalisés, alors que la possession est tolérée au-deçà d’une certaine quantité (cinq grammes). Quant à la France, elle mise davantage sur l’importance de la qualité du chanvre donc seul le chanvre industriel est autorisé, lequel ne doit pas dépasser 0,2% de THC. En novembre dernier, la population de deux États américains a obtenu la légalisation de la marijuana, alors que le gouvernement fédéral, lui, la considère toujours comme une drogue illégale.

Dans la foulée de ces référendums vainqueurs dans les États de Washington et du Colorado de novembre 2012, notre gouvernement conservateur a réaffirmé sa position de ne pas légaliser ou décriminaliser la possession et consommation de la marijuana. Quant aux deux états américains, ils régularisent la vente et la production puis légifèrent sur la possession et la consommation de la substance. Au mois d’aout dernier, le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, a relancé le débat sur la légalisation de la marijuana et a invité les canadiens à se prononcer sur le sujet via une pétition.

À petits pas

Récemment, le gouvernement fédéral a mentionné, pour 2014, son désir d’instaurer un projet nouveau du secteur commercial pour des producteurs commerciaux qui seraient autorisés et agréés par la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) pour la production de la marijuana. Ce projet qui vise des retombées économiques de 1,3 milliard $ par année en 2024 aurait notamment pour but la production de qualité contrôlée et à grande échelle, et ce pour le bénéfice des canadiens ayant recours au cannabis à des fins thérapeutiques. Les personnes concernées, au Canada, se comptent approximativement au nombre de 37 400 en 2013. Il devrait atteindre 450 000 en 2024, soit plus que décupler.

Plusieurs aspects restent à considérer, notamment ceux économiques, de santé, pour en nommer que quelques-uns. Le débat reste toujours à l’avant-plan des occupations des gouvernements canadiens. La question demeure sans réponse: devrait-on, pour le bénéfice de la société, légaliser la marijuana?

QUESTIONS

(Médical) Des recherches ont démontré les bienfaits de la marijuana pour le traitement des douleurs chroniques alors que d’autres clament les risques d’abus. Ottawa a libéralisé la production pour des fins médicales par des organismes autorisés. Quels sont les avantages et désavantages de la légalisation de la marijuana sur le plan médical ?

(International) Les Pays-Bas, la France et les États-Unis ont légiféré pour encadrer l’utilisation de la marijuana. Pourrions-nous prendre exemple sur des réformes adoptées dans d’autres pays pour nous ajuster à l’évolution de la société ?

(Économique) L’État du Colorado a déjà étudié les retombées économiques de l’industrie du cannabis.  L’État américain prévoit des retombées de près de 130 millions en taxe. Croyez-vous que cet argument économique justifie la légalisation de la marijuana ?

(Judiciaire) Un grand nombre d’individus ont des casiers judiciaires à cause de la possession ou production d’une petite quantité de marijuana.  Selon le chef du parti libéral du Canada, le Canada dépense près de 500 millions de dollars par année pour la criminalisation de la marijuana. Croyez-vous que la légalisation réglerait cette problématique ?

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des saisons précédentes

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