Droit de Cité Tribune radio de débats oratoires
pour universitaires engagés!
Accueil  »  Thèmes  »  Semaine 04
Semaine 04
04
Pour ou contre la cigarette électronique ?
Diffusion : 22 octobre 2014
Animateur : Jean-Philippe Cipriani
Écouter l'émission en MP3
POUR : Les Manichéistes Pour ou contre la cigarette électronique ? CONTRE : Gabriel Rouleau et Olivier Coulombe

 
Membres du jury pour cette semaine :
  • Christian Arcand, guide animateur à Pointe-à-Callière, Musée d'archéologie et d'histoire à Montréal, et professeur d'histoire au cégep.
  • Isabelle Jalliffier-Verne, Titulaire d'un doctorat en Environnement. Elle a été juge et présidente de SUCDI (Société universitaire canadienne de débat inter-collégial)
  • Elysabeth Lessis, avocate et médiatrice familiale
Invité expert :
  • Geneviève Berteau, Analyste des politiques, Société canadienne du cancer - Division du Québec

L'équipe gagnante!

Fadjiah Collin-Mazile et Samer Jarmak (Pour)  Gabriel Rouleau et Olivier Coulombe (Contre)
Juges 51/75 57/75
Public 4,69/25 20,31/25
TOTAL 55,69 % 77,31 %

C'est Gabriel Rouleau et Olivier Coulombe (Contre) qui remportent ce quatrième débat, avec un résultat de 77,31%, contre 55,69% pour Fadjiah Collin-Mazile et Samer Jarmak (Pour)!

Toutes nos félicitations aux deux équipes. La lutte a été chaude!  Merci à toutes les personnes qui ont pris le temps de voter!

Fil RSS
de l'émission

Attention : cette page ne fonctionne pas avec Chrome.

Mise en contexte

Depuis plusieurs années, la cigarette électronique connaît un franc succès dans de nombreux pays, mais n’en demeure pas moins controversée. C’est dans les années 2000 qu’un pharmacien chinois met au point le modèle de cigarette électronique que l’on connaît aujourd’hui. Le produit est mis sur le marché en 2004 en Chine, où il est toujours fabriqué, puis il débarque en Europe et aux États-Unis, où il connaît un véritable succès.

Le concept : une batterie, un atomiseur, un réservoir et du liquide. L’utilisateur, appelé « vapoteur », vaporise le liquide en enclenchant le chauffage de la résistance, produisant un aérosol qu’il peut ainsi inhaler, sans qu’aucune combustion n’ait lieu. En prime, une saveur aromatisée avec pratiquement les mêmes sensations qu’une vraie cigarette. Les inconvénients de la fumée du tabac et du goudron en moins.

Selon Citigroup, les ventes mondiales de ce nouveau produit controversé ont pratiquement doublé depuis 2012, pour atteindre cette année les 2 milliards de dollars. Selon des experts, d’ici dix ans, il se vendra plus de cigarettes électroniques que de cigarettes traditionnelles. Ce phénomène planétaire a même fait entrer les termes « cigarette électronique », « vapoter » et « vapoteur/vapoteuse » dans les éditions 2015 des célèbres dictionnaires Petit Larousse et Petit Robert.

Au Canada, l’encadrement législatif du produit sème la controverse. Au fédéral, la Loi sur les aliments et drogue se révèle incomplète et laisse place à des flous juridiques. La loi régit la fabrication et l’étiquetage de l’appareil, mais pas sa promotion et sa vente. C’est à l’organisme fédéral Santé Canada d’approuver les produits pouvant être commercialisés. À l’heure actuelle, aucune cigarette électronique contenant de la nicotine n’a été autorisée. Pourtant, force est de constater que ces produits sont bel et bien vendus, et ce dans pratiquement toutes les grandes villes du pays.

Au Québec, c’est la Loi sur le tabac qui semblerait avoir autorité. Cette loi donne une définition juridique du mot tabac. Elle en réglemente son usage en l’interdisant dans les lieux de travail et les lieux publics, elle encadre sa vente et sa commercialisation et elle établit les sanctions en cas de non respect. Mais l’organisme chargé d’en assurer l’application, le Service de lutte contre le tabagisme, a statué que la loi québécoise ne lui donnait pas l’autorité pour intervenir en matière de cigarette électronique. Un vide juridique s’est alors créé au Québec aussi.

Sur le plan de la santé, l’Institut national de santé publique du Québec s’inquiète de l’absence de normes et d’encadrement de la cigarette électronique. Selon lui, le produit contribue à revaloriser le tabagisme en favorisant la dépendance à la nicotine. Il prévient que les jeunes sont facilement séduits, voyant même dans la cigarette électronique une forme d’initiation aux produits du tabac. L’Institut souligne enfin que les propriétés et les effets à long terme demeurent encore inconnus.

Pourtant, certains professionnels de la santé le conseillent à une clientèle fixe. C’est le cas du directeur de la prévention à l’Institut de Cardiologie de Montréal, le cardiologue Martin Juneau. Selon lui, il ne faut pas condamner le produit puisqu’il permettrait d’aider ceux qui veulent arrêter de fumer. Avec la cigarette électronique, ils obtiennent la nicotine dont ils sont dépendants sans pour autant inhaler de nombreux produits toxiques. Le pneumologue Gaétan Ostiguy, du Centre universitaire de santé McGill, ajoute qu’en reproduisant le geste du fumeur et en délivrant aussi rapidement la nicotine au cerveau, la cigarette électronique semble être devenue le meilleur outil pour arrêter de fumer, dépassant ainsi l’efficacité du timbre nicotinique.

Questions de débats

  • La cigarette électronique présente-t-elle un nouveau risque pour les jeunes? Son côté nouveau, techno et inoffensif inciterait-il les jeunes à fumer?
  • Certains professionnels de la santé estiment que la cigarette électronique est un outil prometteur pour aider les fumeurs à délaisser la cigarette. Les avantages immédiats de la cigarette électronique (pas de fumée, goudron, etc.) sur la santé des fumeurs justifieraient-ils sa mise en marché?
  • La cigarette électronique doit-elle être associée à tout autre produit du tabac en termes de règlementation (marketing, lieux publics, etc.)?
  • L'absence d'études sur les conséquences à long terme de la cigarette électronique doit-elle mettre un frein à tout processus de commercialisation?

Écoutez les débats
des saisons précédentes

Saison 1 : Thèmes Équipes
Saison 2 : Thèmes Équipes
Saison 3 : Thèmes Équipes

 

© Barreau du Québec 2012-