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Semaine 07
07
Pour ou contre la reconnaissance de droits aux animaux ?
Diffusion : 12 novembre 2014
Animateur : Jean-Philippe Cipriani
Écouter l'émission en MP3
POUR : Marc-Antoine Plante et Valérie Du Sablon Pour ou contre la reconnaissance de droits aux animaux ? CONTRE : Laurianne Walker-Hanley et Anna Luiza Fernandes

 
Membres du jury pour cette semaine :
  • Cédérick Caron, chef des nouvelles au quotidien 24 Heures
  • Me Vincent Denault, avocat
  • Éric Létourneau, professeur à l’École des médias de la Faculté de communication de l’UQAM.
Invité expert :
  • Martin Gibert, docteur en philosophie morale et chercheur postdoctoral à l'Université McGill

L'équipe gagnante!

Marc-Antoine Plante et Valérie Du Sablon (Pour)  Laurianne Walker-Hanley et Anna Luiza Fernandes (Contre)
Juges 48/75 56.5/75
Public 8,33/25 16,67/25
TOTAL 56,33 % 73,17 %

C'est Laurianne Walker-Hanley et Anna Luiza Fernandes (Contre) qui remportent ce septième débat, avec un résultat 73,17%, contre 56,33% pour Marc-Antoine Plante et Valérie Du Sablon (Pour)!

Toutes nos félicitations aux deux équipes. La lutte a été chaude!  Merci à toutes les personnes qui ont pris le temps de voter!

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Mise en contexte

En 2013, l'organisme « Animal Legal Defense Fund » (ALDF) a classé le Québec au 12e rang sur 13 des provinces et territoires les plus laxistes en matière de protection animale. En ce domaine, seul le Nunavut fait pire que le Québec.

Aujourd’hui, en droit civil québécois, les animaux sont considérés comme des biens meubles. Or Québec compte amender cette qualification pour y inclure la reconnaissance légale de la sensibilité des animaux domestiques et d’élevage. Cela ne conférera pas de droits aux animaux, mais plutôt des obligations aux propriétaires et aux éleveurs de bêtes. Si le ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis, souhaite cela, c’est pour s’adapter aux impératifs commerciaux et satisfaire aux conditions du traité de libre-échange qui se négocie avec l’Union européenne.

Le faible encadrement juridique des animaux au Canada s’explique par la persistance d’un continuum de pratiques peu contestées qui apparaissent indispensables à la survie de l’humain et à sa culture : expérimentation biomédicale, élevage industriel, trappage. Ainsi, l’État tolère certains actes de cruauté, lorsque douleur et souffrance sont infligées aux animaux dans le cadre d’une activité légitime ou d’intérêts économiques.

Mais beaucoup sont contre cette théorie de l’animal-machine. On sait aujourd’hui grâce aux sciences zoologiques que les animaux sont des êtres vivants qui sentent, souffrent et réagissent. L’importance de la souffrance motive nombre de protecteurs qui réclament des droits pour les animaux. De plus, notre socialisation avec les animaux de compagnie a changé la place des animaux parmi les hommes et le regard que l’on porte sur eux.

Sur le plan juridique, certains soulèvent qu’il existe, en vertu du régime pénal, des outils législatifs permettant de punir les actes de cruauté à l’égard des animaux. Chaque régime juridique a son propre objectif, et il en découle des responsabilités et des obligations propres. Si le droit civil qualifie les animaux de bien meuble, on ne l’assimile pas pour autant à une table ou à une voiture. Il en va de sa nature, l’animal est meuble car il peut se déplacer. Or, cette qualification civile de bien meuble n’empêche pas leur protection sous le régime du Code criminel.
Seulement, selon d’autres, les peines encourues en cas d’infraction sont trop faibles pour dissuader efficacement et empêcher la maltraitance animale.

Questions de débat

  • Le régime légal actuel, tant civil que pénal, protège-t-il adéquatement les animaux?
  • Devrait-on chercher à faire disparaître les pratiques ludiques consistant à l'abattement d'un animal (comme par exemple la chasse, la tauromachie, le gavage de canards, les courses de chevaux, les combats de coq)?
  • La reconnaissance de la souffrance des animaux ainsi que de leurs sensibilités devrait-elle être prise en considération dans la relation juridique que les humains entretiennent avec eux?
  • La quantité d'animaux qui sont élevés et abattus pour la nourriture chaque année se chiffre en milliards et ce, seulement en Amérique du Nord. La reconnaissance des droits aux animaux viendrait-elle bouleverser le marché agro-alimentaire?

 (Texte rédigé par Coralie Mensa)

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des saisons précédentes

Saison 1 : Thèmes Équipes
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