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Semaine 28
28
Pour ou contre les couvertures policières pour recueillir des aveux ?
Diffusion : 29 avril 2015
Animateur : Guillaume Touzel-Bond
Écouter l'émission en MP3
POUR : Les 416 Pour ou contre les couvertures policières pour recueillir des aveux ? CONTRE : Howard Cohen et Annike Flomen

 
Membres du jury pour cette semaine :
  • Me Daniel Grégoire, avocat
  • Aude Jimenez, Chargée de cours en sociologie et méthodologie à l'université de Montréal et doctorante en communication à l'UQAM
  • Alexis Tremblay, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ)

Invité expert :
  • Me Gilles Daudelin, avocat criminaliste

L'équipe gagnante!

Benjamin Dionne et Étienne F. Lacombe (Pour)  Howard Cohen et Annike Flomen (Contre)
Juges 65/75 55/75
Public 2,28/25 22,72/25
TOTAL 67,28  % 77,72 %

C'est Howard Cohen et Annike Flomen (Contre) qui remportent ce vingt-huitième débat, avec un résultat de 77,72%, contre 67,28% pour Benjamin Dionne et Étienne F. Lacombe (Pour)!

Toutes nos félicitations aux deux équipes. La lutte a été chaude!  Merci à toutes les personnes qui ont pris le temps de voter!

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Mise en contexte

Depuis sa révélation au public en 2001, la méthode d’enquête canadienne Mr. Big a fait face à une vague de critiques. Elle consiste essentiellement en la mise en scène d’un scénario pour amener le suspect à avouer un crime. Les policiers jouent le rôle de membres d’une organisation criminelle fictive dans laquelle ils intègrent un suspect dont ils souhaitent obtenir des aveux.

Les opérations Mr. Big sont l'œuvre d'une escouade mixte composée d'agents de la GRC, de la Sûreté du Québec et de la police municipale. Elle a été utilisée plus de 350 fois au pays depuis la fin des années 80. Dans 95 % des cas, les accusés ont été condamnés.

En juillet 2014, dans la foulé de l’affaire Nelson Hart, la Cour suprême du Canada a reconnu qu’il s’agissait d’une méthode valable. Cependant, elle a aussi déterminé qu'un nouveau cadre doit être mis en place pour réglementer ces opérations et les admissions de confession qui en découlent.

Pour certains, ces techniques d’enquêtes soulèvent des inquiétudes quant à la protection des droits constitutionnels, car les policiers sont amenés à utiliser la menace et la manipulation pour obtenir des aveux. Ce type d’opération met en péril les piliers du système judicaire canadien, notamment en ce qui a trait au droit à l’avocat et au silence, garantis par la Charte canadienne des droits et libertés. Ce type d’enquête s’avère aussi très couteux, car pour rendre l’organisation criminelle fictive crédible, les policiers sont amené à déverser des sommes allant jusqu’au demi million de dollar.

Pour d’autres, cette méthode s’avère efficace pour le maintien d’une société juste et sécuritaire. Souvent utilisée en dernier recours, elle fait diminuer l’impunité de crimes graves. De plus, le droit actuel établit un juste équilibre entre les droits de l’accusé et l’efficacité des enquêtes policières. Dans la majorité des cas, les aveux obtenus sont étoffés et confirmés par d’autres éléments de preuve. Dans cette optique, exercée prudemment, cette méthode pourra continuer à entraîner de grandes victoires pour notre système de justice et à permettre de résoudre des crimes encore non résolus.

Questions du débat

  1. Les méthodes policières complexes pour recueillir des aveux sont-elles éthiques?
  2. L’ampleur du scénario et les coûts en valent-ils la peine?
  3. Notre système de justice offre-t-il des garanties suffisantes à l’accusé qui avoue un crime dans le cadre d’une opération Mr. Big?
  4. Les actes accomplis par les corps policiers sous couverture, comme des délits ou des menaces, justifient-ils la fin?

Écoutez les débats
des saisons précédentes

Saison 1 : Thèmes Équipes
Saison 2 : Thèmes Équipes
Saison 3 : Thèmes Équipes

 

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