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Semaine 29
29
Pour ou contre qu’un député soit actionnaire majoritaire d’une entreprise médiatique ?
Diffusion : 06 mai 2015
Animateur : Alexandre Coupal
Écouter l'émission en MP3
POUR : Arthur de Lembeye et Elias Ouannou Pour ou contre qu’un député soit actionnaire majoritaire d’une entreprise médiatique ? CONTRE: Howard Cohen et Annike Flomen

 
Membres du jury pour cette semaine :
  • Me Pierre M. Gagnon, avocat
  • Didier Leroux, animateur à CISM et blogueur
  • Suzanne Valéry, communicatrice

Invité expert :
  • Cyrille Giraud, Spécialiste en conformité éthique déontologie

L'équipe gagnante!

Arthur de Lembeye et Elias Ouannou (Pour)  Howard Cohen et Annike Flomen (Contre)
Juges 60,5/75 54,5/75
Public 8,3/25 16,7/25
TOTAL 68,8  % 71,2 %

C'est Howard Cohen et Annike Flomen (Contre) qui remportent ce vingt-neuvième débat, avec un résultat de 71,2%, contre 68,8% pour Arthur de Lembeye et Elias Ouannou (Pour)!

Toutes nos félicitations aux deux équipes. La lutte a été chaude!  Merci à toutes les personnes qui ont pris le temps de voter!

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Mise en contexte

Le 9 octobre dernier, les députés libéraux, caquistes et solidaires ont adopté à l'Assemblée nationale une motion visant à empêcher un député ou un membre de sa famille de détenir une entreprise de presse. Seuls les députés du Parti Québécois ont refusé d'appuyer le texte.

C'est le saut en politique de Pierre-Karl Péladeau, actionnaire majoritaire de Québecor, qui a lancé le débat. Constituée d'un ensemble de filiales, Québecor offre des services touchant le domaine des communications de masse, qui représente 40 % de l'information produite au Québec : journaux, livres, magazines, médias électroniques, etc.

Le principal concerné, qui est en voie de devenir chef d'un des deux plus importants partis politiques du Québec, a spécifié qu'il n'avait aucunement l'intention de se départir de ses actions, un legs de son père qu'il compte laisser à ses enfants. S'il est élu à la tête du Parti Québécois, il s’engage à placer ses actions dans une fiducie sans droit de regard.

Pour plusieurs, un empire de presse n’est pas une entreprise comme les autres, en raison des répercussions majeures sur le débat public. Placer les actions dans une fiducie sans droit de regard, avec la directive de ne pas s’en départir, et avec l’intention de revenir à la tête de l’entreprise, n’est pas suffisant. Plus encore, l’apparence de conflit d’intérêts est aussi importante que le conflit d’intérêts potentiel. La confiance du public envers l'information doit donc prévaloir.

Pour d'autres, la motion va trop loin. La Charte canadienne des droits et libertés garantit le droit de se porter candidat, de voter, et d'être élu. Une telle résolution créerait, pour les gens du milieu des affaires qui veulent s'engager en politique, un obstacle supplémentaire. De plus, un tel scénario pourrait aboutir à la perte de contrôle d’un fleuron de l'industrie culturelle par des intérêts québécois, et par le fait même, d’un siège social important.

Questions du débat

  1. Peut-on concilier, d’une part, l'indépendance des médias, et d’autre part, le droit d’un chef d’entreprise médiatique d’être député?
  2. La gestion des intérêts d’un député dans une entreprise médiatique assurée par une fiducie sans droit de regard est-elle une réponse suffisante pour conserver la confiance du public?
  3. Le risque de transfert de l’entreprise à des intérêts étrangers ou à des concurrents doit-il être considéré?
  4. Devrait-on modifier le Code d'éthique et de déontologie des membres de l'Assemblé nationale quant aux détenteurs d’action d’entreprises médiatiques?

Écoutez les débats
des saisons précédentes

Saison 1 : Thèmes Équipes
Saison 2 : Thèmes Équipes
Saison 3 : Thèmes Équipes

 

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