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Semaine 22
22
La convergence dans les médias nuit-elle à la qualité de l'information?
Diffusion : 29 mars 2013
Animateur : Gilles Payer
Écouter l'émission en MP3
Rose au poing, Université de Montréal, Faculté de droit La convergence dans les médias nuit-elle à la qualité de l'information? Les SUCDIens, Université de Montréal, Médecine + Sc. éducation

 
Membres du jury pour cette semaine :
  • Claude Martin, professeur honoraire, Département de communication, Université de Montréal
  • Me Vincent Denault
  • Julien David Pelletier, directeur exécutif de la Clinique Juripop et directeur stratégique de Faits et Causes
Invité expert :
  • Chantal Francoeur, professeure, École des médias, Université du Québec à Montréal

L'équipe gagnante!

Rose au poing
(CONTRE)
SUCDIens
(POUR)
Juges 66,7/80 62,4/80
Public 8,1/20 11,9/20
TOTAL 74,8 % 74,3 %

Rose au poing remporte ce débat, avec un résultat de 74,8 %, contre 74,3 % pour les SUCDIens!

Toutes nos félicitations aux deux équipes! Merci à toutes les personnes qui ont pris le temps de voter!

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Mise en contexte

Depuis le début des années 2000, la convergence dans les médias n’a cessé de croître, à différents degrés, au sein des plus importants diffuseurs d’information; une tendance intrinsèquement liée au développement du Web.

Dans un premier temps, afin de situer le débat, encore faut-il comprendre la notion de convergence.
Une auteure explique ceci :

« […] pour regrouper ces citoyens-consommateurs ou pour les rattraper peu importe où ils sont, les entreprises de presse utilisent la convergence : elles distribuent la même information sur de multiples plateformes via des sources variées dont elles sont l’unique propriétaire »1.

Web, télé, radio, journaux, magazines

Autant de plateformes contrôlées par un nombre restreint de diffuseurs sont mises à la disposition d’un nombre réduit de journalistes pour diffuser leur contenu.

Pour une entreprise privée, il s’agit d’un modèle économique attrayant, parce qu’il « permet de distribuer plus de nouvelles sur plus de plateformes pour le même coût »2.

Pour le diffuseur public, la convergence, ou plutôt, l’intégration selon la terminologie de la Société Radio-Canada, permet de regrouper les affectateurs de toutes les plateformes dans un seul centre, le CAPE (Centre d’affectation, de planification et d’expertise).

Journalistes multifonctions

L’une des conséquences de la convergence médiatique touche directement les journalistes. On leur demande désormais de produire du contenu adaptable à toutes les plateformes. En plus de la production du contenu, le journaliste doit aussi le diffuser autant pour l’écrit que la radio ou la télévision.

Cette multidisciplinarité des tâches a permis aux conglomérats médiatiques de réduire leurs équipes de journaliste. Par exemple, le Washington Post est passé de 800 à 520 postes lors de la fusion de la salle des nouvelles de l’écrit avec celle du Web3.

Contre la convergence

Une bonne nouvelle pour la rentabilité de l’entreprise, mais qui inquiète certains observateurs. Ils estiment que la convergence dans les médias a un impact direct sur la qualité, la diversité et l’intégrité de l’information journalistique4. Par l’atteinte de l’intégrité, pensons notamment à l’autocensure des journalistes (crainte de représailles de la part du diffuseur) ou encore à l’autopromotion des produits de la même corporation.

Pour la convergence

Pour les promoteurs de la convergence, la qualité de l’information est assurée. Maintenant que les journalistes travaillent simultanément sur toutes les plateformes, la compétition fait place au travail d’équipe, à la synergie et au partage de l’information.

Ils estiment aussi que la nouvelle aura un impact plus grand si sa visibilité est maximisée. Coûts réduits, public élargi. De plus, la réalité technologique et le comportement du public obligent les diffuseurs à s’adapter pour s’assurer de la fidélité de l’auditoire et ultimement, maintenir leur pérennité.

Qualité de l’information

Voici un extrait du préambule du Guide de déontologie des journalistes du Québec5, adopté par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. L’essence d’une information de qualité s’y retrouve. Nous vous invitons toutefois à lire le Guide dans son intégralité pour mieux en saisir la portée :

Le rôle essentiel des journalistes est de rapporter fidèlement, d'analyser et de commenter le cas échéant les faits qui permettent à leurs concitoyens de mieux connaître et de mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent.

Une telle information complète, exacte et pluraliste est une des garanties les plus importantes de la liberté et de la démocratie.

Les informations d'intérêt public doivent circuler librement et en tout temps. Les faits et les idées doivent pouvoir être communiqués sans contraintes ni entraves.

[…]

Les journalistes servent l'intérêt public et non des intérêts personnels ou particuliers. Ils ont le devoir de publier ce qui est d'intérêt public. Cette obligation prévaut sur le désir de servir des sources d'information ou de favoriser la situation financière et concurrentielle des entreprises de presse.

Le débat

La convergence dans les médias nuit-elle à la qualité de l'information?

__________________________________

1. Chantal Francoeur, « Choc des cultures, contre-discours et adaptation : l’intégration, le régime de vérité radio-canadien », thèse de doctorat, Université Concordia, avril 2011, p. 39.
2. ibid., p. 41
3. Idem
4. Marc-François Bernier, « Les journalistes face à la convergence des médias au Québec : les raisons d’un rejet massif », Canadian Journal of Communication, Vol 35, No 4, 2010.
5. http://www.fpjq.org/fileadmin/FPJQ/pdf/10_12_Guide_en_vigueur.pdf

 

 

 

 

 

 

 

 

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