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Semaine 25
25
Pour ou contre la souveraineté du Québec?
Diffusion : 19 avril 2013
Animateur : Mathieu Bock-Coté
Écouter l'émission en MP3
Les Faucons, Université de Montréal, Science politique Pour ou contre la souveraineté du Québec? Rose au poing, Université de Montréal, Faculté de droit

 
Membres du jury pour cette semaine :
  • Me Jean-François Mercure
  • Jean Pelletier, premier directeur, information télévision, Radio-Canada
  • Anne-Marie Kirouac, animatrice, CIBL 101,5 Montréal

Invité expert :
  • Louise Beaudoin, ancienne ministre et ancienne députée

L'équipe gagnante!

Les Faucons
(CONTRE)
Rose au poing
(POUR)
Juges 62,9/80 64,0/80
Public 9,8/20 10,2/20
TOTAL 72,7 % 74,2 %

Rose au poing remporte ce débat, avec un résultat de 74,2 %, contre 72,7 % pour les Les Faucons!

Toutes nos félicitations aux deux équipes! Merci à toutes les personnes qui ont pris le temps de voter!

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de l'émission

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Mise en contexte

La question en est une chargée tant sur les plans politique qu’émotif. Une question posée plus ou moins directement à deux reprises plutôt qu’une, lors des référendums de 1980 et 1995.

Bien que les racines du nationalisme québécois soient antérieures à la fondation même du Canada, nous nous attarderons sur la période de l’après-guerre pour les besoins de cette mise en contexte.

La révolution tranquille est une période d’éveil tant sur les plans sociaux que culturels, économique et surtout, politique. Vers la fin des années 50, plusieurs mouvements et partis souverainistes naissent et meurent. L’Alliance laurentienne, fondée en 1957, publie sa Constitution de la République de Laurentie trois ans plus tard.

« Ce mouvement indépendantiste, d'inspiration fasciste, dénonce le capitalisme et la démocratie. Il disparaîtra rapidement devant la montée d'autres mouvements indépendantistes aux idées plus progressistes »1.

Quelques militants de l’Alliance laurentienne décident de fonder un mouvement, qui deviendra un parti politique, moins radical que l’Alliance laurentienne et politiquement neutre; le Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN). Suivra le Ralliement national, plus conservateur.

Sur le plan international, l’élément marquant de la reconnaissance d’une identité culturelle québécoise distincte et du désir d’indépendance d’une partie de sa population est sans doute la scène de Charles de Gaulle sur le balcon de l’hôtel de ville de Montréal, prononçant « « Vive Montréal ! Vive le Québec ! Vive le Québec… libre ! Vive le Canada français et vive la France ! »

Un an plus tard, René Lévesque fonde le Mouvement Souveraineté-Association, une combinaison de deux concepts clés pour Lévesque : d’une part, la souveraineté étatique du Québec, et de l’autre, une association politique et économique avec le Canada.

D’ailleurs, la question référendaire de 1980 exprime bien cette idée de souveraineté (le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d’établir ses relations extérieures), et de lien économique avec le Canada.

En octobre 1968, le Parti québécois est né de la fusion du Mouvement Souveraineté-Association et du Ralliement national, pour remporter les élections provinciales du 15 novembre 1976.

En 1980, le premier référendum sur la souveraineté se solde par la victoire du non à près de soixante pour cent.

Question référendaire de 19802 :

Le Gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d’en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l’égalité des peuples;

cette entente permettrait au Québec d'acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d’établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté, et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l’utilisation de la même monnaie;

aucun changement de statut politique résultant de ces négociations ne sera réalisé sans l’accord de la population lors d’un autre référendum;

en conséquence, accordez-vous au Gouvernement du Québec le mandat de négocier l’entente proposée entre le Québec et le Canada?

À la même époque, le gouvernement fédéral de Pierre Elliott Trudeau propose un plan unilatéral de rapatriement de la Constitution, qui ne prend pas en considération les demandes de reconnaissance des compétences distinctes du Québec. S’en suit l’appel du Québec jusqu’en Cour suprême pour s’opposer au rapatriement unilatéral de la Constitution par le gouvernement fédéral sans obtenir l’aval des provinces.
Finalement, l’Acte constitutionnel de 1982 est ratifié par neuf des dix provinces et par le gouvernement fédéral, des négociations qui se sont tenues sans la présence du premier ministre québécois, lors de la nuit des Longs Couteaux.

Or après le rapatriement, le gouvernement du Québec sous Robert Bourassa a négocié des gains constitutionnels de la part du gouvernement fédéral, gains qui ne se concrétisent pas, en raison de l’échec des négociations de l’Accord du lac Meech et de l’Accord de Charlottetown.

Citation de Robert Bourassa : le Canada anglais doit comprendre de façon très claire que, quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, le Québec est, aujourd'hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement. (Discours prononcé le 22 juin 1990 à l'Assemblée nationale suite à l'échec de l'Accord du lac Meech).

À ce jour, le Québec n’a toujours pas ratifié la Constitution canadienne.

En 1995, le deuxième référendum sur la souveraineté se conclut aussi par une majorité du non, à près de 51 pour cent.

La question référendaire de 19953 :

Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique, dans le cadre du projet de loi sur l'avenir du Québec et de l'entente signée le 12 juin 1995?

En 2006, la chambre des communes adopte une motion reconnaissant que « les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni ».

Le débat

La question de ce débat ne concerne pas le processus menant à la souveraineté (seuil du référendum, type de question posée), mais bien les motivations profondes pouvant justifier la souveraineté du Québec, versus celles qui ne la justifierait pas.

Les thèmes abordés pourront inclure la culture (québécoise, canadienne, multiculturalisme), la langue, les relations internationales, l’histoire, les champs de compétences fédéraux-provinciaux, la justice, la Constitution, etc.

Ce débat devra être un échange d’idées, d’abord et avant tout, plutôt qu’un échange de chiffres. L’avantage ou le désavantage économique de la souveraineté peut être abordé (péréquation, taxes, programmes fédéraux-provinciaux, libre-échange, etc.), mais pour assurer une expérience radio exceptionnelle, rappelez-vous que le débat devra s’élever au-dessus d’une guerre des nombres et de pourcentages.

Pour ou contre la souveraineté du Québec?

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[1] http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/1219.html
[2]
http://www.saic.gouv.qc.ca/publications/Positions/Partie3/Document12.pdf
[3] http://www.saic.gouv.qc.ca/publications/Positions/Partie3/Document31.pdf

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