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Semaine 28
28
Pour ou contre la sélection et les manipulations génétiques des embryons?
Diffusion : 10 mai 2013
Animateur : Gilles Payer
Écouter l'émission en MP3
JDLC UdeM Pour ou contre la sélection et les manipulations génétiques des embryons? Harnois-Blouin, Pratte, Fournier

 
Membres du jury pour cette semaine :
  • Me Elysabeth Lessis, avocate

Invité expert :
  • Julie Cousineau, avocate, docteure en droit et post-doctorante au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine

L'équipe gagnante!

JDLC UdeM
(CONTRE)
Harnois-Blouin, Pratte, Fournier
(POUR)
Juges 62,9/80 60,8/80
Public 2,2/20 17,8/20
TOTAL 79,4 % 65,1 %

Harnois-Blouin, Pratte, Fournier remportent ce débat, avec un résultat de 78,6 %, contre 65,1 % pour JDLC UdeM!

Toutes nos félicitations aux deux équipes! Merci à toutes les personnes qui ont pris le temps de voter!

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de l'émission

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Mise en contexte

Décès du père de la fécondation in vitro

Le 10 avril dernier, Sir Robert Edwards, prix Nobel de médecine, est décédé à l’âge de 87 ans. Il était le co-pionnier de la fécondation in vitro (FIV), permettant la naissance de Louise Joy Brown, premier bébé-éprouvette, en 1978. Depuis, la FIV a permis la naissance de quatre millions d’enfants et les développements liés au monde de la procréation assistée sont exponentiels1.

Détecter avant d’implanter

La FIV permet aux généticiens d’effectuer le dépistage préimplantatoire. Cette technique vise à répertorier les embryons marqués par des tares génétiques, comme le chromosome responsable de la Trisomie 21, et à tout simplement les éliminer du processus d’implantation des embryons dans l’utérus de la mère.

En 2009, ce diagnostic génétique préimplantatoire allait même permettre de détecter un gène qui rendrait susceptible le développement du cancer du sein, sans que le gène ne soit, en lui-même, responsable de la maladie2.

Parfaite imperfection

Voici un autre exemple de sélection génétique, celui de Gauvin Hughes McCullough3.

En 2002, une journaliste du Washington Post publiait l’histoire d’un couple de lesbiennes, où les deux partenaires étaient sourdes. Elles souhaitaient donner naissance à un enfant qui partage leur condition, et ont demandé le matériel génétique d’un donneur sourd. Pour elles, la surdité n’est pas un handicap, mais une identité culturelle. Le résultat : l’enfant n’est pas complètement sourd, mais très malentendant. « Deaf enough », pour reprendre les mots de la journaliste.

Dans ces deux cas, soit la détection de gènes responsables de maladie et la recherche d’une particularité génétique, comme la surdité, il n’y a pas de manipulation de l’ADN de l’embryon proprement dite. Il s’agit tout de même d’une sélection génétique, un volet inclus dans le débat.

Trois parents pour un bébé

En ce qui concerne la manipulation génétique des cellules germinales, l’un des exemples le plus médiatisés est celui de la naissance d’enfants aux États-Unis suite au transfert d’ooplasme. Cette technique consiste à injecter une certaine quantité d’ooplasme d’un ovule d’une femme fertile dans celui d’une femme infertile. L’ovule est ensuite fécondé, puis inséminé. Le résultat : l’enfant partage le bagage génétique de deux mères et d’un père4.

Des bébés OMG

Les avancées technologiques dans le domaine de la génétique biologique nous permettront sans doute, dans un futur rapproché, d’isoler les gènes responsables de maladies graves, mais aussi ceux propres à l’identité même de la personne à naître, au-delà du sexe.

Dans ce cas, encourager la recherche favoriserait la résolution de nombreux problèmes de santé, voire d’adaptation psychosociale, qui pourraient résulter de malformations génériques. D’un autre côté, modifier le bagage génétique d’un embryon pourrait être considéré comme une atteinte au processus reproductif naturel. D’ailleurs, toute modification génétique n’est pas nécessairement favorable à la santé de l’enfant à naître. Pensons à des modifications génétiques tarées, comme la surdité ou le nanisme, par exemple.

Le débat

La sélection des embryons par le dépistage préimplantatoire est une forme de manipulation génétique. Le transfert d’ooplasme aussi. Il s’agit de méthodes réalisées au cours des dernières années et ces méthodes sont incluses au débat. Mais les cas d’isolation de chromosomes précis et de transformation d’une molécule d’ADN d’un gamète ou d’un embryon ne sont pas, s’ils existent, médiatisés. N’en demeure pas moins que les questions éthiques propres aux manipulations génétiques doivent être soulevées et font partie du débat.

Pour ou contre la sélection et les manipulations génétiques des embryons?

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[1] http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2013/04/10/robert-edwards-pere-de-la-fecondation-in-vitro-est-mort_3157371_3382.html
[2] http://news.bbc.co.uk/2/hi/health/7819651.stm
[3] http://wcfcourier.com/a-world-of-their-own/article_571dcc9e-860e-56df-80eb-03c2c2d474d6.html (L’article n’est plus accessible sur le site de Washington Post).
[4] http://www.dailymail.co.uk/news/article-43767/Worlds-GM-babies-born.html / http://www.geneticsandsociety.org/article.php?id=381

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