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Semaine 30
30
Pour ou contre l’exploitation du gaz de schiste?
Diffusion : 24 mai 2013
Animateur : Jocelyne Cazin
Écouter l'émission en MP3
Deca, U. McGill et U. de Montréal Pour ou contre l’exploitation du gaz de schiste? Harnois-Blouin, Pratte, Fournier, UdeM

 
Membres du jury pour cette semaine :
  • Alexandre Shields, journaliste en environnement au journal Le Devoir
  • Me Andréanne Malacket, avocate, présidente de l’Association du jeune barreau de Montréal, doctorante et chargée de cours à l'Université de Montréal

Invité expert :
  • Marc Durand, professeur retraité, Département des sciences de la Terre et de l'atmosphère, UQAM

L'équipe gagnante!

Harnois-Blouin, Pratte, Fournier
(POUR)
DECA
(CONTRE)
Juges 64,0/80 57,6/80
Public 12,5/20 7,5/20
TOTAL 76,5 % 65,1 %

Harnois-Blouin, Pratte, Fournier remporte ce débat, avec un résultat de 76,5 %, contre 65,1 % pour DECA!

Harnois-Blouin, Pratte, Fournier passe en finale!

Toutes nos félicitations aux deux équipes! Merci à toutes les personnes qui ont pris le temps de voter!

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Mise en contexte

Les participants des demi-finales et de la grande finale bénéficient des conseils de mentors, soit des avocats chevronnés qui offrent généreusement de leur temps pour aider les débatteurs à se préparer pour ces joutes cruciales. Cette semaine, Me Suzanne Côté, associée et chef du groupe du litige au bureau de Montréal du cabinet Osler, était le mentor de l’équipe Harnois-Bloui, Pratte, Fournier, et Jean-Philippe Lincourt, avocat au cabinet Lavery, jouait le même rôle pour DECA.

Il est à noter que pour les deux joutes oratoires des demi-finales, le vote populaire ne sera autorisé que durant 48 heures, soit de 20 h le vendredi jusqu’à 20 h le dimanche.

Un moratoire pour cinq ans

Le 15 mai dernier, le Ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, Monsieur Yves-François Blanchet, déposait le Projet de loi no 37, Loi interdisant certaines activités destinées à rechercher ou à exploiter du gaz naturel dans le schiste.

Ce projet de loi prévoit un moratoire pour interdire les forages, les opérations de fracturation et les essais d’injectivité destinés à rechercher ou à exploiter du gaz naturel dans le schiste sur le territoire des municipalités situées principalement dans les basses terres du Saint-Laurent. Ce moratoire sera effectif jusqu’à l’entrée en vigueur d’une loi établissant de nouvelles règles pour la recherche et l’exploitation des hydrocarbures ou pour une période maximale de cinq ans.

La fracturation hydraulique

L’exploitation du gaz de schiste est principalement controversée en raison de la méthode d’extraction du gaz : la fracturation hydraulique. Dans le bassin sédimentaire des basses-terres du Saint-Laurent, le gaz est en fait emprisonné dans le shale d'Utica, une formation géologique, et le seul moyen d’y accéder est de fractionner la roche imperméable. Le gaz est ainsi libéré et capté, bien que le taux de récupération soit de l’ordre de 20 à 40 pourcent.

La fracturation hydraulique est en fait une technique de morcellement de la roche, qui consiste à injecter de l’eau sous très haute pression, de même que différents produits chimiques. Pour y parvenir, le forage se pratique horizontalement, à une profondeur pouvant varier entre quelques centaines de mètres à quelques kilomètres.

Une exploitation qui sème la controverse

Les forages dans la vallée du Saint-Laurent ne datent pas d’hier. Cependant, l’extraction par fracturation hydraulique et les forages horizontaux sont plus récents. C’est en 2008 que les sociétés de prospection ont découvert le potentiel du gaz naturel emprisonné dans le Shale d’Utica de la vallée du Saint-Laurent.

Deux ans plus tard, plusieurs groupes environnementaux et citoyens demandent un moratoire sur l’exploitation et l’exploration du gaz contenu dans le Shale d’Utica, en raison des doutes quant aux conséquences environnementales de la fracturation hydraulique au moment de l’extraction, et après l’épuisement des puits.

L’utilisation de l’eau…

…selon l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA)

« Dans un processus de fracturation, de très grande quantité d'eau, soit entre 19 000 et 11 000 000 millions de gallons, sont utilisées. Cette grande soif de l’industrie gazière a évidemment des incidences sur les autres usages de l’eau dans les régions touchées. […]

La contamination des eaux souterraines fait partie des plus grandes craintes portées par les citoyens face à la fracturation hydraulique. L’eau peut être contaminée par plusieurs produits [et] la contamination peut se produire à plusieurs étapes (fuites des tuyaux, cimentation inadéquate, failles géologiques) ».

…selon l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ)

« […] Environ 50 % du liquide de fracturation est récupéré à la tête du puits de forage et 80 % du liquide récupéré est réutilisé. Cette proportion devrait être portée à 90 % ou à 100 % au cours des prochaines opérations.

La fracturation du schiste requiert environ 12 000 mètres cubes d’eau par puits, soit moins que ce qu’on utilise pour l’entretien d’un terrain de golf pendant un mois. La quantité d’eau utilisée pour le forage de 200 puits horizontaux équivaut à 1 % des 500 millions de mètres cubes utilisés annuellement par l’industrie des pâtes et papiers.

L’eau utilisée pour la fracturation d’un schiste est non potable et est prélevée directement de divers cours d’eau, sous réserve d’une autorisation préalable du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) ».

Les tremblements de terre…

…selon l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA)

« Pour l’instant, selon une étude de l'USGS, les activités de l’industrie pétrolière et du gaz naturel pourraient avoir provoqué récemment une série de tremblements de terre sur un territoire couvrant l’Alabama jusqu’aux Rocheuses canadiennes ( RT news, 2012). De plus, les spécialistes notent que les petits tremblements de terre ont augmenté significativement en Arkansas, USA, un état où de nombreuses activités de forage ont eu lieu récemment. (AGS, 2011)(Lechtenbohmer et al. 2011) ».

…selon The Royal Society et The Royal Academy of Engineering (Grande-Bretagne)

« Seismicity induced by hydraulic fracturing is likely to be of [small] magnitude. There is an emerging consensus that the magnitude of seismicity induced by hydraulic fracturing would be no greater than 3 ML (felt by few people and resulting in negligible, if any, surface impacts). Recent seismicity induced by hydraulic fracturing in the UK was of magnitude 2.3 ML and 1.5 ML (unlikely to be felt by anyone). The risk of seismicity induced by hydraulic fracturing can be reduced by traffic light monitoring systems that use real-time seismic monitoring so that operators can respond promptly »1.

Les risques de fuite…

...selon l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques

« […] les fuites de méthane liées à la production et à la distribution alourdissent considérablement son bilan de GES. C’est que le méthane non brûlé ainsi libéré est, sur une période de 100 ans, 25 fois plus dommageable en matière de réchauffement planétaire que le CO2 issu de la combustion, et 72 fois plus dommageable sur 20 ans ».

…selon Gaz naturel canadien

La réputation des producteurs canadiens de gaz naturel dans les provinces ayant un secteur énergétique établi s’est bâtie sur leurs activités sûres et fiables. Plus de 175 000 puits ont été fracturés en toute sécurité en Colombie-Britannique et en Alberta au cours des 60 dernières années, selon les organismes de régulations de ces provinces.

[…]

t dans une étude datant de 2010, le MIT déclare « qu’avec plus de 20 000 puits de schistes forés dans les derniers 10 ans, le bilan environnemental de l’exploitation des gaz de schistes est, en grande partie, positif. »

Autres thèmes :

La rentabilité (ou non rentabilité) de l’exploitation du gaz de schiste est aussi un angle propice au débat. Pensons aussi à la recherche de l’indépendance énergétique par rapport aux ressources fossiles importées, versus le problème de la dépendance à cette ressource, tout court.

Après le gaz, le pétrole de schiste?

Bien que ce sujet soit aussi d’actualité, puisque le moratoire ne concerne que la vallée du Saint-Laurent et que les enjeux soient similaires, le débat ne concerne que le gaz de schiste.


Pour ou contre l’exploitation du gaz de schiste?

 

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1. Shale gas extraction in the UK: a review of hydraulic fracturing

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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